matthias vincenot



Je revendique..., poème interprété par Gaëlle Cotte (musique : Otso Lähdeoja)



Poème du mois

Je revendique...

Je revendique l’air du large et les marées
Le ciel liquide de l’été
Je revendique la paresse
Et l’inutilité

Je revendique la lenteur des matinées
Et le silence après l’orage
Je revendique la chaleur des lèvres presque abandonnées

Je revendique l’entre-deux, ce qui ne se définit pas
Qui n’est pas régi par la loi
Je revendique le désordre de l’espoir
Et le temps suspendu parfois

Je revendique l’anti-rentabilité
Le goût sucré de l’ombre bleu marine
Je revendique le hasard et le changement des regards
Au creux d’une minute anodine

Je revendique la clarté, l’étonnement
La légèreté de la vie
Ma part d’irresponsabilité

Poème inédit.

Extrait de la préface de Pierre Brunel au recueil de Matthias Vincenot, Le bonheur, rappelle-toi...
(La Passe au Vent, 2004, diffusion / distribution : Harmonia Mundi).

"Le bonheur, rappelle-toi... est l’œuvre d’un jeune homme, mais vient après une impressionnante série de recueils où s’est affirmé et affiné le talent poétique de Matthias Vincenot. J’y verrais moins un recueil de jeunesse qu’un recueil de la jeunesse, et de l’éternelle jeunesse. La formule dans laquelle il définit une vie en se gardant bien de l’enclore dans des limites étroites est celle d’un « vieillir » qui consiste à « Aller rencontrer sa jeunesse / Toutes les nuits ». « Vingt ans », l’âge et le titre du poème en prose sur lesquels Rimbaud laissa son œuvre suspendue, en 1874, n’est ici ni un temps d’arrêt ni un terme. Il est un centre à partir duquel tout rayonne. Il est un « vingt ans » qui, comme l’enfance et avec elle, durera toute la vie et qui fera de tout lecteur de cette poésie un lecteur de vingt ans."

Extrait de la quatrième de couverture de La vie, le vent (Lanore, 2006) : Avec La vie, le vent, l’auteur poursuit son œuvre poétique. Dans ce nouveau recueil, il saisit les instants fugaces. L'aventure est peut-être à côté, et des vents multiples apportent le désir ou le trouble, révèlent parfois la mélancolie ou la solitude. « Légère et profonde », comme l'a qualifiée Andrée Chedid, son écriture touche juste. Ainsi que le lui a écrit Jean L'Anselme : « Aucun doute pour moi, tu montres le chemin à ceux de demain. »